• Le 05 décembre 2018

En lien avec les associations sur le terrain, l’Université de Nantes se mobilise depuis l’année dernière pour accompagner au mieux les étudiants migrants qui souhaitent intégrer l’Université et poursuivre leurs études. Pour repenser l’accueil de ce public fragilisé, sept services de l’Université s’impliquent pour que leurs chances de réussite et d’insertion soient les meilleures possibles. L’objectif : améliorer la prise en charge et les procédures d’accès des étudiants migrants pour la rentrée prochaine.

Début 2018, 14 étudiants migrants ont pu rejoindre les bancs de l’université en histoire, en psychologie, en sociologie, en sciences, à l’Igarun, ou encore à l’IAE. Ils se sont inscrits dans la discipline dans laquelle ils avaient tous déjà un diplôme universitaire, de la licence au master 2.

« Face à l’afflux des migrants sur le territoire nantais l’année dernière, notre établissement a souhaité apporter, modestement, sa pierre à l’édifice sur son champ de compétences, celui de la formation et de l’enseignement. Nous avons bousculé nos procédures pour trouver des solutions en urgence. Nous avons aussi écouté, via le travail remarquable des assistantes sociales, la détresse, les angoisses et les douleurs de ce public fragile pour essayer de les aider au mieux. Notre démarche n’est pas isolée et procède d’une prise de conscience des universités du rôle qu’elles ont à jouer. Nous inscrivons ainsi notre action dans celle du réseau MENS qui s’est constitué en 2017 ».

Gwenaele  Proutière-Maulion
Vice-Présidente Affaires Européennes et Relations Internationales

Dans un premier temps, l’université a pris en charge financièrement le logement en cité Universitaire ainsi que les frais d’inscription de ces étudiants et le SUMPPS (Service universitaire de médecine préventive et promotion de la santé) a assuré un suivi sanitaire et social. Depuis, l’établissement s’est emparé de la question et un travail de fond a été réalisé conjointement par les services de l’université afin d’avoir une approche coordonnée de leur situation. L’Université de Nantes a une expertise reconnue dans l’accueil des étudiants étrangers, grâce notamment au guichet unique qui existe depuis 2001. L’objectif : faire bénéficier les étudiants migrants en situation de précarité de ce dispositif personnalisé en leur apportant conseils, aides et orientation. 

 « Les premiers pas de ces quatorze étudiants dans notre monde universitaire ont été très difficiles. Ils se sont incroyablement investis, malgré la très grande précarité physique et psychologique dans laquelle ils pouvaient se trouver. Certains redoublent leur année, d’autres se sont réorientés vers des cycles courts et professionnalisant et d’autres continuent sur leur lancée. Nous devons et pouvons faire mieux. A l’issue de cette première année, la nécessité de préparer l’entrée à l’université dans le cadre d’une procédure normalisée et non plus dérogatoire est apparue comme une évidence. D’une part pour respecter  le calendrier ministériel, et pour une transparence de traitements des dossiers, mais aussi pour éviter aux étudiants migrants de se retrouver dans des formations qui ne leur conviennent pas ».

Patricia Torres-Gabillard,
Responsable pôle mobilité entrante et Guichet Unique à la Direction des relations internationales

 

Forte de ce constat, et ne souhaitant pas en rester là, l’Université de Nantes a donc mis en place un dispositif complet et adapté (voir ci-dessous). Première étape : l’organisation d’ateliers d’aide à l’orientation des candidats qui souhaitent préparer une candidature pour une inscription à la rentrée 2019/2020.

L’Université n’agit pas seule. Les associations qui accompagnent les réfugiés et demandeurs d’asile (comme SAFE, Trajet, ou encore Les amis des migrants à Nantes), contribuent à recenser les candidats à la reprise d’études et relaient les informations sur la mise en place de ce dispositif.

Enfin, une commission universitaire chargée d’étudier les demandes arrivées hors délai est mise en place et dans chaque composante de l’université un représentant sera dédié à ces questions.

Deux phases d’actions pour poursuivre et renforcer le dispositif d’accueil et l’orientation des étudiants migrants

D’octobre à janvier :
  • identification des candidats potentiels via les associations sur le terrain, accompagnement dans la préparation du dossier d’inscription (DRI), ateliers collectifs d’aide à l’orientation (puis rendez-vous individuel pour construire le projet professionnel) (SUIO).
De février à juin :
  • Acculturation au monde universitaire (actions de découvertes de l’université) (SUIO + Direction de la culture + DVE).
  • Cours de Français Langue Etrangères (FLE) via des licences Erasmus OLS, ou via la mise en place de tuteurs dont la formation serait assurée par le Service Universitaire des Langues et financé par les collectivités territoriales (discussions en cours avec la mairie de Saint-Herblain).