• Le 22 avril 2020

Camus médite longtemps ce qu'il envisage comme le grand roman de sa maturité. Si le projet se précise à partir de 1953, c'est en 1958-59 qu'il entame une phase décisive de son écriture - qui sera brutalement interrompue par sa mort, le 4 janvier 1960. Nourri de l'expérience propre de Camus, Le Premier Homme n'est pourtant pas une autobiographie ; c'est l'histoire d'un homme qui, à quarante ans, revient sur son passé pour comprendre d'où il vient et qui il est. En l'écrivant, Camus ressuscite une enfance pauvre mais heureuse parmi les petits-blancs d'Alger ; il évoque la vie dure, l'école libératrice, la passion de vivre ; il dessine une Algérie tendue d'où sont en train de s'effacer les rêves de paix ; il montre comment tout homme est un "premier homme" qui apprend à vivre. Un roman inachevé qui est en même temps un sommet...



Après avoir enseigné au lycée (Créteil) puis à l'université (Amiens et Valenciennes), Agnès Spiquel mène une retraite active, essentiellement consacrée à l'oeuvre d'Albert Camus. Mais, avant cela, ses recherches avaient porté pendant de longues années sur Victor Hugo et sur le romantisme.