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Les travaux de recherche sur l’hydrogène menés par les équipes nantaises pourraient déboucher demain dans plusieurs domaines industriels, notamment la logistique, le maritime et l’aéronautique, bien implantés sur le territoire.

À Nantes, l’hydrogène n’est pas qu’un concept à la mode. Plusieurs laboratoires de recherche de l’Université travaillent en lien étroit avec des entreprises et des territoires pour expérimenter et tester des solutions innovantes. Et les champs d’applications potentiels sont légion, comme le rappelle Olivier Joubert, chercheur à l’Institut des matériaux de Nantes Jean Rouxel (IMN) : « Avec l’hydrogène, on peut en théorie faire fonctionner tout ce qui est électrique, du chargeur de téléphone au sous-marin ! », indique-t-il.
 

De la recherche à l'application industrielle

En matière d’applications industrielles, le secteur de la construction navale a longtemps fait figure de pionnier dans la région. On sait ainsi que les ingénieurs de Naval Group ont planché sur l’hydrogène pour la propulsion des sous-marins sur le site d’Indret, mais, secret défense oblige, ces recherches sont restées confidentielles.

Philippe Jan Philippe Jan, directeur adjoint de la CCI des Pays de Loire, en charge de l’accompagnement du développement des entreprises, est également le président du comité directeur du GIS Perle (pôle d’excellence de la recherche ligérienne en énergie). Cet ingénieur électro-chimiste de formation se passionne depuis longtemps pour l’hydrogène et ses acteurs. Il est la mémoire vivante des travaux menés sur le territoire depuis le début des années 2000.

« À partir de 2004 à Nantes, l’association mission Hydrogène, pilotée par Henri Mora, a permis de faire émerger des démonstrateurs dans trois domaines précis : le maritime, le fluvial et le portuaire, autour d’applications lourdes qui donnent un avantage à ce vecteur d’énergie », rappelle-t-il. Une réalisation concrète, partagée au quotidien par des centaines d’habitants, est née de ces travaux : le Navibus, navire à propulsion hydrogène pour le transport de passagers.



Les projets H2 Loire Vallée et ESTUAIRE parient sur l’hydrogène vert

Le long de la Loire, c’est le projet H2 Loire Vallée, entre Nantes et Saint-Nazaire, qui mise sur l’hydrogène autour du maritime, du fluvial et du portuaire, notamment pour les gros engins de manutention qui fonctionnent au diesel. C’est une illustration concrète de l’émergence d’une filière « hydrogène vert » en Pays de la Loire, intégrant toute la chaîne de valeur, de la création de la molécule à l’usage.

H2 Loire Vallée et Estuaire Lauréat du dernier appel à projets de l’Ademe aux côtés de 6 autres en France, le projet H2 Loire Vallée réunit plusieurs acteurs, dont le grand port de Saint-Nazaire, le motoriste Man Energy Solutions, l’entreprise Europe Technologies… Il vise à offrir de l'hydrogène vert dans l'estuaire de la Loire à partir d'électricité issue de parcs renouvelables du Grand Ouest. « Il s’agit d’un méta-projet de production d’hydrogène vert, de stockage et de distribution avec un engin mobile d’hydrogène sous pression, imaginé par Europe Technologies », détaille Philippe Jan, de la CCI des Pays de Loire. Les débouchés de cette énergie verte seront dans le domaine du maritime et des installations industrielles portuaires.