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  • Le 01 février 2021
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Bravo. Il l'a fait ! Il a réalisé son rêve. Armel Tripon a franchi la ligne d'arrivée aux Sables d'olonne ce lundi 1er février à 7h27. Il boucle ainsi son tour du monde, sans escale et sans assistance, après 84J 17H 07min et 50sec de course. Un an jour pour jour après la mise à l'eau de son bateau. Le navigateur nantais termine son Vendée Globe en bravant la tempête Justine, dans des conditions musclées et des creux de plus de 5 mètres. Après un début de course ralenti par des problèmes techniques, il n'a rien lâché et s'est lancé dans une course poursuite passant de la 32e place à la 11eme. Une belle remontada ! C'est le récit inédit de son aventure hors normes qu'il nous racontera en préambule de la Nuit Blanche des Chercheurs le 11 février prochain. Et en matière d'"imprévu", thématique de l'événement 2021, Armel est désormais un expert ! :-)

armel temps

Quelle fin de course éprouvante pour Armel Tripon ! Le skipper de l'Occitane a été contra carto arri int de ralentir et de se mettre à l'abri au large des côtes du Portugal pour laisser passer les fronts dépressionnaires qui se sont abattus ce week-end dans le Golfe de Gascogne. "Le plus gros coup de vent que j’aie pris sur ce tour du monde". En effet, des creux jusqu'à 12 mètres et des vents de 60 noeuds n'ont pas permis à Armel de pouvoir faire route directe vers les Sables d'Olonne, contrairement à son prédécesseur Maxime Sorel qui a pu rejoindre in extremis samedi la côté vendéenne. Armel a du patienter avant de se relancer en course dimanche pour ralier enfin la ligne d'arrivée. Ligne d'arrivée qu'il a franchi sous une pluie battante en fin de nuit. Il était temps pour le marin de retrouver la terre ferme et les siens. Il ne lui restait plus beaucoup de vivres à bord, "seulement les choses pas très bonnes, quelques Krisprolls et du miel". Le voilà arrivé à bon port après une magnifique odyssée.

Son bateau à peine amarré au ponton, Armel, comme de coutume, s'est livré à la traditionnelle conférence de presse. Le marin est visiblement fatigué mais heureux et souriant comme à son habitude. Voici quelques extraits :
 

"Je n'ai qu'une envie, c'est de repartir !"

nuit "Je suis fier d'avoir rempli ma mission, d'avoir terminé. Etre au départ et d'avoir bouclé la boucle. Il y a un niveau d'engagement dingue sur cette course. Chacun a ses problèmes et va au bout de lui même, c'est beau de voir cela ! Je ne suis pas dutout déçu ! J’étais heureux d’être là. J’avais conscience de la chance inouïe de ce que cela représentait le fait d’être en course, de faire mon métier, de vivre ce rêve, et je ne voulais pas le gacher. J'ai pris un pied hallucinant. L'objectif etait de finir cette course, cela fait pile un an que l'on a mis le bateau à l'eau.  j'ai surtout fait une course poursuite, mais c'est certain, j'aimerai bien régater la prochaine fois (...) pour jouer la gagne. J'ai une bonne vision désormais du Vendée Globe, on a manqué un peu de temps. Revenir avec un vrai projet compétitif dans 4 ans, évidemment cela me plairait !"



"Si je n’avais pas eu cet état d’esprit positif, je pense que cela aurait été très très dur"

Je me suis préparé pendant deux ans avec Ronan Lafaix, mon préparateur mental au fait que ce tour du monde allait être fait d’imprévus et que j'allais devoir y faire face. Et heureusement que j’avais positivé à l’avance et préparé cet aspect-là car dès le deuxième jour de course, il y a eu une grosse déconvenue. Si je n’avais pas eu cet état d’esprit positif, je pense que cela aurait été très très dur. Il y a eu des moments durs mais finalement assez peu. J’ai pris beaucoup de plaisir sur l’eau, avec une grosse intensité.»
 

" Cela m'a rendu plus fort " champagne

"Le Vendée Globe, c'est une temporalité incroyable, une intensité, un engagement de tous les instants, une aventure de dingue, une aventure intérieure. Je pense que cela m'a fait grandir, ce n'est pas anodin. Cela ne laisse pas indemme, de se bagarrer pendant 84 jours. Cela m'a rendu plus fort".
 

"Ce sentiment de liberté "

"Ce sentiment de liberté quand on est en mer est incroyable. Sur les transats, on n'a pas le temps de s'en rendre compte. Cette communion avec la nature est intense. Sur un Vendée Globe, on a le   temps d'apprécier la nature qui nous entoure. La brutalité de la nature, habituellement, on ne se retrouve jamais dans ces conditions là, la mer blanche, la tempête, la mer démontée avec des lumières de dingues!"

A l'issue de la conférence de presse,  un journaliste présent dans la salle a tenu à adresser en conclusion ce message à Armel, en reprenant la célèbre citation d'Aristote : 

"Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer."



 

aquarelle "Une voix et un conteur d’aventure"

Avant de prendre le départ du Vendée Globe, Armel Tripon était déjà un marin et un obstiné de la course au large. 84 jours plus tard, il est aussi devenu une voix et un conteur d’aventure. (...)  Le Nantais a le goût des bons mots et il le démontra tout au long du parcours. C’est le cas lorsqu’il croise son premier albatros aux portes des mers du sud : « Je l’aperçois, noble et majestueux dans son vol plané, comme suspendu ». Il décrit le paysage qui défile depuis le cockpit « comme lorsqu’enfant on regarde par les vitres de l’auto sur la route des vacances » et la « pureté des nuits où les étoiles scintillent comme jamais ». Son bateau devient progressivement « un bon compagnon de route » avec lequel il se sent « en osmose. Il est fluide, facile et ne demande qu’à aller vite ». Extrait

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A noter que deux anciens étudiants à l'université de Nantes (IUT SGM - Sciences et Génie des matériaux) il y a 10 ans, étaient également engagés dans cette 9ème édition du Vendée Globe. Ces deux skippers d'origine vendéenne avaient participé et gagné la Coupe de l’Université de Nantes et le championnat de France de Voile Universitaire ensemble en 2010, sous la houlette de Luc Pillot.
 
Sébastien Simon (FRA/Arkéa-Paprec*) a dû abandonné pour cause d'un foil endommagé après une rencontre avec un OFNI (Objet Flottant Non Identifié), après 25 jours de course. Benjamin Dutreux (FRA/Omia-Water Family) quand à lui, est arrivé en 9ème position le 29 janvier à 10h05'20'' après 81 jours, 19 heures, 45 minutes et 20 secondes.