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  • Le 11 février 2021
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En matière d'imprévu, le navigateur nantais Armel Tripon, maitrise son sujet. Dans la course au large, il fait parti des paramètres à intégrer dans la préparation et la gestion de chacune de ses compétitions. Ce sportif de haut niveau, le sait depuis longtemps : anticiper, s'adapter aux aléas de toutes sortes est un impondérable. Vainqueur de la Route du Rhum en 2018 sur son trimaran de 50 pieds, Armel vient tout juste de boucler son premier tour du monde à la voile, le Vendée Globe. Un périple de 44 000 km autour de la terre en solitaire et sans assistance. Être au départ de cette aventure, "l'Everest des mers" comme elle est surnommée, est déjà un exploit en soi. La terminer : un graal, un rêve inaccessible pour nombreux marins. Comment se prépare t-on à affronter les imprévus qui guettent à chaque instant ? C'est le récit inédit de son aventure et cette part d'inattendu que nous livrera Armel Tripon. RDV jeudi à partir de 16h sur Facebook et You Tube en préambule de la Nuit Blanche des chercheurs

invitationconf Après 84J 17H 07min et 50sec de course, un an jour pour jour après la mise à l'eau de son bateau, Armel bouclait la boucle lundi 1er février 2021 en bravant la tempête Justine, dans des conditions musclées et des creux de plus de 5 mètres. Après un début de course ralenti par des problèmes techniques, le skipper de l'Occitane en Provence n'a rien lâché et s'est lancé dans une course poursuite passant de la 32e place à la 11eme. Une belle remontada ! Sans compter qu'il affiche également le meilleur temps entre Bonne Espérance et le cap Horn puisqu’il a été le plus rapide sur la traversée de l’océan Indien et du Pacifique en 30 jours 15 heures et 13 min contre 31 jours 4 heures et 58 minutes.

Comment se prépare t-on à affronter les imprévus ? Avant, pendant et après la course ? Comment y faire face ? Avec quels moyens ? Quelles ressources aller chercher quand la casse se produit, qu'il faut réparer et qu'on voit les concurrents s'échapper ? Comment résister dans des environnements hostiles, garder son cap, son sang froid ?

Autant de questions qui seront abordées lors d'une conférence inédite.
Armel Tripon avait déjà participé comme invité lors de la Nuit Blanche des chercheurs en 2019. La thématique était "Dépasser ses limites". Il revient cette année sur le thème de l'Imprévu pour nous raconter le récit inédit de son Vendée Globe, 11 jours précisément après avoir franchi la ligne d'arrivée aux Sables d'Olonne.

Un thème qui lui est cher et qui l'inspire.
Preuve en est les messages qu'il a écrit du bord pendant son tour du monde :

30 novembre 2020. Extrait :
"Voilà mon objectif: prendre du plaisir au jour le jour, me dire que c'est peut-être la dernière journée. On est quand même suspendu à cette insoutenable légèreté de l'être et à cette insoutenable complexité d'équilibriste, avec un sport qui n'est pas simple à gérer. Cette incertitude, finalement, c'est celle de la vie aussi. Personne n'avait imaginé le Covid, on apprend à vivre avec".

Mardi 5 janvier 2021. Extrait :
"Nous ne sommes qu'imprévu, la vie n'est qu'imprévue, alors comment s'y adapter ? comment y répondre et avec quel état d 'esprit. Comment réussir à vivre le moment présent le plus sincèrement possible. La compétition tente d'y répondre".

"Dans quelques heures je serai cap Hornier et j 'ai appris en mer qu'avant Noël, Pierre Soulages a eu 101 an ! quel rapport me direz ? Oui je vous l' accorde à première vue pas grand-chose relie l'artiste hors norme à mon 1er cap Horn, doublé à 45 ans ! Mais en vérité , Soulages fut une source d'inspiration dans ma préparation à cette course ! Quand je découvre cet artiste , rapidement, je me rends  au Louvre, où un homme est le 3eme artiste peintre français a y être exposé de son vivant ! J 'aimais déjà sa philosophie, son approche de l 'art qui s 'apparente à une compétition permanente, tant cet homme est habité ! A la découverte de ses toiles immenses suspendues, j'ai ressenti une émotion rare et poignante, je suis alors comme happé par sa peinture, qui m'emmène loin , très loin ! "celui qui regarde ma peinture, est dans ma peinture", nous guide SOULAGES, et c'est ce qui m’arrive,  je vis sa peinture, dans laquelle une puissance incroyable, une énergie rare s'en dégage , j'y vois entre autre des paysages maritimes infinis. Sur ces grands aplats noirs , la lumière s'y reflète comme celle d'une nuit de pleine lune en mer. Je suis ébloui. La foi de cet homme et son gout pour l''inattendu, l'improvisation et l'écoute de ses sens m'ont guidé dans mes navigations hauturières. Nous ne sommes qu'imprévu, la vie n 'est qu'imprévue, alors comment s'y adapter ? comment y répondre et avec quel état d 'esprit. Comment réussir à vivre le moment présent le plus sincèrement possible. La compétition tente d'y répondre.  La course au large est une trajectoire parmi les éléments , on y laisse une trace comme un coup de pinceau ! si comme le dit Pierre Soulages, "la peinture est une humanisation du monde" , alors  je parcours le monde , le plus vite possible, en tentant du mieux que je peux d 'humaniser ma course, de la faire vivre et partager, en y laissant place à l 'imagination . Comme  un artiste peintre, devant sa toile blanche, nous ne savons pas ce que nous allons découvrir, la météo est une inconnue à quelques jours, alors il nous faut composer, improviser, réagir , être attentif et à l'écoute de tous nos sens en éveil."