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  • Le 09 février 2021
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  • Communiqué de presse

Lauréat d’un appel à projet du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA3), géré par l’ADEME, le projet PIAN, porté par la SARA (Société Anonyme de Raffinage des Antilles) avec le laboratoire du GEPEA de l’Université de Nantes démarrera en février 2021. Cet ambitieux projet d’écologie industrielle concrétise la réalisation en Guyane d’un démonstrateur XXL, le plus grand jamais construit en France sur le sujet. L’objectif ? Créer de nouvelles filières durables basées sur la valorisation biologique du CO2 industriel, à travers la production à grande échelle de microalgues.

logos Projet PIAN Innovant à bien des égards, il s’appuie sur plusieurs projets de recherche, pour déployer les microalgues en biocarburants troisième génération, en biomatériaux et compléments alimentaires. La SARA a choisi comme partenaire de recherche le laboratoire GEPEA via sa plateforme Algosolis, mondialement reconnue pour son expertise, et CAPACITÉS, la filiale de valorisation de l’Université de Nantes. La société nazairienne AlgoSource intervient également, en tant que sous-traitant.


Initier une bioéconomie autour des microalgues en Guyane

Coordinatrice du projet PIAN, la société SARA, implantée en Martinique, Guadeloupe et Guyane développe depuis plusieurs années des projets relatifs aux énergies nouvelles, à la protection de l’environnement et à la bioéconomie. Le projet PIAN vise à développer la filière microalgues dans les DOM-TOM, à commencer par la Guyane française où les conditions climatiques sont particulièrement favorables à la culture micro-algale. L’objectif à terme est de déployer des systèmes de culture simples à grande échelle et exploitant au mieux ces conditions, pour mettre en place et pérenniser une nouvelle bioéconomie locale créatrice d’emplois, tout en réduisant les impacts environnementaux et en valorisant les émissions de CO2 de sites industriels
Ce partenariat mené avec le Laboratoire GEPEAla Plateforme AlgoSolis (Université de Nantes – CNRS) et CAPACITÉS et dont AlgoSource est sous-traitant, ne date pas d’hier puisque les premiers contacts ont été établis en 2017.  Une première collaboration a été mise en place pour étudier l’intérêt pour la SARA de l’intégration de la culture de microalgues dans une logique d’écologie industrielle et d’économie circulaire. Les ingénieurs CAPACITÉS avaient prélevé une dizaine de souches d’algues dans leur milieu naturel. Ils avaient ensuite réalisé un criblage en phase de croissance en photobioréacteur, sur la plateforme de R&D AlgoSolis de Saint-Nazaire. Leur travail avait permis d’isoler entre autres des souches endémiques à fort potentiel. Trois souches étaient apparues comme particulièrement prometteuses pour la production de biocarburant, avec des rendements supérieurs aux souches identifiées jusqu’alors.
 
Culture de microalgues en raceway (© Jean-Claude MOSCHETTI/AlgoSolis/CNRS Photothèque


Monter en échelle un procédé de culture mis au point en 2017

Le projet PIAN va plus loin et concrétise donc ces études confirmant l’intérêt d’un scénario d’intégration de la production de microalgues sur le territoire guyanais.  Sélectionné dans le cadre de l’appel à projet du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA)  "Bioéconomie et Protection de l'Environnement"  géré par l’Ademe, le projet PIAN se développera sur 3 ans. Le montant total du projet est de 4M€  au total (dont 2 610 496 € éligible ADEME). 619 000 € ont été attribué au GEPEA dans le cadre de ce partenariat.
Ce financement permettra l’installation d’un démonstrateur sur un site industriel de la SARA, pour définir, valider et optimiser les procédés et protocoles intégrés, pour deux souches encore jamais cultivées sur de grandes surfaces sur ce territoire. Il s’agira de la spiruline, pour laquelle de nouvelles valorisations à destination alimentaire, cosmétique ou biomatériaux seront développées, et une microalgue locale oléagineuse, précédemment identifiée par le laboratoire GEPEA, pour la production de biocarburants de troisième génération. Les dernières générations de procédés dites en voie humide développées sur la plateforme AlgoSolis du GEPEA seront ici testées.
Grâce aux financements du PIA, la SARA peut lancer un nouveau volet de son développement industriel, avec la construction d’un démonstrateur qui permettra l’obtention des données nécessaires à un déploiement futur sur d’autres sites, et ainsi créer une bio-économie durable créatrice d’emplois basée sur les microalgues. Elle a renouvelé sa confiance dans le GEPEA, qui s’associe de nouveau à CAPACITÉS et AlgoSource pour mener à bien le projet.  

Ce projet d’envergure concrétise pour le laboratoire GEPEA plusieurs années de recherche et de collaboration avec CAPACITÉS sur l’utilisation de microalgues en écologie industrielle, la culture solaire à grande échelle et les biocarburants de troisième génération.