• Le 10 mai 2019
    Campus Tertre

Le Laboratoire de Linguistique de Nantes (LLING) organise une journée d'étude "Multilinguisme et Altérité".

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Objectifs & Thème de la journée d’étude

Cette journée d’étude sera consacrée à la place et à la perception du multilinguisme dans les communautés majoritairement monolingues. Si la langue fait la nation, comme ont pu l'écrire l'abbé Grégoire ou Arthur Schlesinger Jr., le multilinguisme fait-il forcément glisser de la communauté au communautarisme ? Dans quelle mesure est-il encore perçu comme une menace pour le bien-être individuel, sociétal ou encore scolaire ? Comment les locuteurs multilingues gèrent-ils leur identité et leur pratique dans un contexte monolingue ? Et comment mieux transmettre au grand public les savoirs des linguistes sur la question ?

En dépit de décennies de recherches universitaires, le multilinguisme demeure aujourd’hui encore la cible de nombreux discours négatifs, qu’il soit interprété comme une démonstration malvenue de capital culturel ou bien comme un refus de s’intégrer. En France, ceci trouve une illustration dans les frayeurs médiatiques récurrentes prêtant au gouvernement l’intention de rendre l’apprentissage de l’arabe obligatoire à l’école primaire (Grenery 2016[6], Durand 2018[4]), ou dans les cas fréquents d’enseignants demandant aux parents d'élèves multilingues de cesser de parler une langue différente avec leurs enfants. Le multilinguisme ne serait pas soluble dans certaines sociétés.

Le concept de domaine d’emploi de la langue, théorisé par Fishman (1972)[5], permet de comprendre comment les pratiques multilingues peuvent paraître littéralement « dé-placées » dans certains contextes. Tandis qu’un domaine implique des interactions typiques entre des participants typiques dans un cadre typique, les locuteurs multilingues se trouvent souvent à cheval sur plusieurs domaines, représentant ainsi une altérité potentiellement menaçante, et ce d’autant plus que de nombreux mythes autour du bilinguisme subsistent hors de la communauté universitaire, qu’il s’agisse du bilinguisme dit « de prestige » ou « d’héritage ». Les significations et stigmates sociaux ainsi associés au contact des langues ont un rôle à jouer dans l’invisibilisation, qui confine parfois à la ghettoïsation, des répertoires perçus comme non standard, ainsi que des identités qui leur sont liées.

Cette journée d’étude est organisée par le Laboratoire de Linguistique de Nantes, Unité Mixte de recherche (UMR 6310) CNRS/Université de Nantes, dont les recherches ont pour but de définir la capacité humaine nommée « langage » – c’est-à-dire de modéliser les représentations et les mécanismes impliqués dans la production, la compréhension et la perception du langage. Le laboratoire est membre de l’association Bilingualism Matters ainsi que du consortium AThEME (Advancing The European Multilingual Experience).

Domaines linguistiques

  • Multilinguisme, éducation, politiques et pratiques multilingues
  • Code-switching et translanguaging
  • Linguicisme, insécurité linguistique, glottophobie
  • Face-threatening acts et théorie de la politesse
  • Théorie de l’Accommodation

Keynote speaker

Thomas H. Bak, University of Edinburgh, School of Philosophy, Psychology and Language Sciences.
Thomas H. Bak a publié de nombreux travaux sur les conséquences neurologiques du bilinguisme et travaille sur la question des politiques linguistiques et de l’apprentissage des langues étrangères en Europe.

Informations importantes

Titre complet : Multilinguisme et Altérité (fr) / Multilingualism and Otherness (Eng)
Mot-clé pour réseaux sociaux : #MOT2019

Date : 10 mai 2019
Lieu : Université de Nantes, France
Langues de la JE : Français et anglais

Organisateur: Laboratoire de Linguistique de Nantes, LLING UMR-CNRS 6310
Personne contact: Charles Brasart, charles.brasart@univ-nantes.fr

Dates importantes :

  • Date limite d’envoi des propositions : 31 janvier 2019
  • Notification d’acceptation des propositions : 10 février 2019

Recommandations pour les propositions de communication :

  • Les propositions de communication peuvent être écrites en anglais ou en français et ne devront pas excéder 300 mots.
  • Les propositions comprendront:
  1. nom et affiliation universitaire,
  2. titre de la présentation,
  3. buts, appareillage théorique, méthodologie, conclusions principales et discussion,
  4. bibliographie.

Nous souhaitons encourager les jeunes collègues et les doctorant·es à soumettre des propositions, et espérons faire de #MOT2019 un cadre propice aux échanges et aux retours constructifs.

Nous serons ravi·es de vous accueillir à la journée d’étude #MOT2019 !

Le comité d’organisation.

Références

[1]  Anderson, Benedict, Imagined Communities: Reflection on the Origin and Spread of Nationalism, Verso, London, 1983.

[2]  Auer, Peter & Li Wei (Eds.), Handbook of Multilingualism and Multilingual Communication, De Gruyter Mouton, London, 2008.

[3]  Baker, Colin & Wayne E. Wright, Foundations of Bilingual Education and Bilingualism, Multilingual Matters, Bristol, 2017.

[4]  Durand, Anne-Aël, "Au-delà de l’emballement, l’enseignement de l’arabe reste ultraminoritaire à l’école", Lemonde.fr, 2018.

[5]  Fishman, Joshua, The sociology of language; an interdisciplinary social science approach to language in society, Newbury House, Rowley. 1972.

[6]  Grenery, Sophie, "Enseignement de l’arabe au primaire : Vallaud- Belkacem met les choses au clair", LCI.fr, 2016.

[7]  Paulsrud, BethAnne, Jenny Rosén, Boglárka Straszer & Åsa Wedin (Eds.), New Perspectives on Translanguaging and Education, Multilingual Matters, Bristol, 2017.