• Le 18 juin 2020

En pleine crise sanitaire, l’Université de Nantes s’est mobilisée sur la tenue des examens à distance. Elle est l’une des premières universités à avoir pris cette décision, dès le mois d’avril. Cette anticipation a permis à l’établissement de se mettre à pied d’œuvre pour relever un pari inédit : maintenir les évaluations dans les meilleures conditions possibles, tout en garantissant l’équité entre les candidats et la valeur des diplômes délivrés. Un challenge relevé par l’ensemble des acteurs de l’université : équipes pédagogiques, étudiants et services universitaires.

Une implication collective

Pour faire face à cette situation inédite, les enseignants et enseignants –chercheurs ont su, dans un délai très court, repenser leurs cours et leurs relations aux étudiants. « Même si la frustration était grande de ne pas pouvoir voir physiquement nos étudiants, le numérique nous a permis de garder un lien » témoigne une Maîtresse de conférence en Psychologie. En très peu de temps, les équipes pédagogiques ont transformé le contenu de leurs cours à distance, ainsi que les modalités d’évaluation. « Nous avons dû réécrire les sujets d’examens, déjà envoyés en novembre, pour qu’ils soient compatibles avec un examen à distance » explique la Maîtresse de conférence qui a remplacé les QCM prévus et les définitions de cours, par des devoirs écrits. QCM, dissertations, étude de cas, oraux en visioconférences ou par téléphone, de nombreuses situations ont été envisagées.

« Les enseignants ont fait preuve de créativité en transformant les modalités d’évaluation, tout en garantissant l’équité entre les étudiants. Dans ce contexte déroutant, les collègues et l’ensemble des équipes pédagogiques ont fait des efforts considérables ».

Oliver Laboux, président de l’Université de Nantes
 
Les services de l’Université se sont mobilisés pour accompagner au mieux les équipes pédagogiques dans ce défi de taille. A commencer par la création d’un Guide d’adaptation des modalités d’évaluation réalisé par la Direction des Etudes et de la Vie Universitaire, proposant les différentes transformations possibles pour passer de l’examen en présentiel à une évaluation à distance. De plus, des ressources sur les examens en distanciel sont également venues enrichir le portail dédié à la continuité pédagogique, lancé fin mars. Les enseignants ont ainsi pu s’appuyer sur le kit Examens à distance, conçu par les équipes du Service de Production et d’Innovation Numérique pour les accompagner dans la mise en œuvre de leurs évaluations. Ce kit regroupait des tutoriels moodle, un ensemble de bonnes pratiques numériques et une check list des choses à penser avant, pendant et après les épreuves.
 

Défi relevé

Outre les actions d’accompagnement à destination des équipes pédagogiques, l’établissement a aussi dû faire face à l’inévitable question des infrastructures numériques, pilier indispensable du distanciel. Pour éviter les risques de surcharge liés aux milliers de connexions simultanées (l’Université de Nantes compte 37000 étudiants !), un planning des évaluations à distance a été effectué auprès de chaque formation. Un vrai travail de fourmi entrepris par les composantes et les équipes de la DEVU. Les serveurs hébergeant la plateforme moodle ont aussi été redimensionnés pour anticiper un éventuel plantage informatique. « Une équipe de huit personnes et les services informatiques de proximité se sont mobilisés pour assurer un support en continu sur toute la durée des examens, auprès des enseignants comme des étudiants » précise Frédéric Habert, responsable du SPIN. « Le passage des examens à distance dans un tel contexte est un succès qui va au-delà de nos espérances », se réjouit Nicolas Wendling, directeur des systèmes d’information qui pouvait « appréhender des ralentissements plus fréquents et plus longs ».


L’établissement a bien entendu mis un point d’honneur à accompagner les étudiants, principaux intéressés, dans cette période d’évaluation déjà propice au stress. Outre le dispositif SOS connexion, permettant d’équiper les étudiants en fracture numérique de carte 4G et d’ordinateurs en vue des examens, l’université a également diffusé à tous les étudiants une série de conseils afin d’appréhender leurs examens en « version numérique » le plus sereinement possible.
 

L’exigence de la valeur diplôme

Les futurs recruteurs peuvent se rassurer, cette période inédite n’impacte aucunement la valeur du diplôme. « Quel que soit le contexte, la valeur du diplôme, la qualité des évaluations et l’équité entre les candidats restent notre priorité » affirme Dominique Averty, Vice-Président formation et vie universitaire. Que les diplômés 2020 se rassurent également, « nous continuerons nos efforts d’accompagnement, notamment grâce aux séminaires de coaching destinés aux jeunes diplômés de l’Université de Nantes, quand bien même ils ne sont plus inscrits comme étudiants. Cela fait partie de notre engagement ». Cet accompagnement sur les premiers mois après l’obtention du diplôme de fin d’études, s’adresse à tous les étudiants qui le souhaitent. L’établissement compte faire son possible pour maintenir ses très bons résultats en matière d’intégration des jeunes diplômés de master dans la vie professionnelle. Rappelons que 95% des diplômés (promo 2016) de masters sur le marché de l’emploi sont en poste 2 ans et demi après leur diplôme, soit 3 points de plus que la moyenne nationale (92%).

Désormais l’heure est aux bilans et aux retours d’expériences pour se nourrir des initiatives réalisées durant cette période si spéciale. Si cette prise de recul et d’analyse est nécessaire, l’établissement n’en est pas moins focalisé sur l’organisation de la rentrée 2020 et espère vivement le retour des étudiants sur les campus.