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  • Le 24 septembre 2021
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Élément chimique le plus rare sur Terre, l’astate est fort prometteur pour des applications en radiothérapie ciblée des cancers. Dans cette approche, les progrès dépendent d’une meilleure connaissance de la chimie de cet élément. En la matière, la recherche nantaise menée depuis plusieurs années par trois laboratoires (CRCINA, Subatech et CEISAM) place aujourd'hui Nantes comme principal acteur mondial dans le domaine. Les chercheurs nantais viennent de publier dans la prestigieuse revue Accounts of Chemical Research une rétrospective sur 15 années de travaux de recherche.

Les travaux les plus fondamentaux ont permis d’établir la nature des différentes formes stables de l’astate dans l’eau (diagramme de Pourbaix) ou de révéler sa capacité à former des interactions par liaison "halogène", une interaction attractive très spécifique et directionnelle. Grâce à leur collaboration avec le CERN (organisation européenne pour la recherche nucléaire), les chercheurs ont également pu déterminer l’affinité électronique de l’astate, essentielle pour mieux appréhender son comportement chimique.

La production du radioisotope astate-211 par le cyclotron ARRONAX (Accélérateur pour la Recherche en Radiochimie et Oncologie à Nantes Atlantique) a aussi permis le développement de nouvelles méthodes de synthèse radiochimiques et un vrai bond en avant concernant son utilisation en thérapie des cancers.

Une reconnaissance à l'échelle européenne

Soutenu par la Région des Pays de la Loire depuis 2005, les travaux de recherche sur l'astate ont bénéficié de financements du Programme d’Investissements d’Avenir (Laboratoire d’Excellence IRON et Équipement d’Excellence ArronaxPlus) et du SIRIC ILIAD. Cette reconnaissance comme principal acteur mondiale sur le sujet s'est notamment illustré à l’échelle européenne par la création d’un réseau clinique international (action COST NOAR) qui vise à démontrer que l’astate-211 peut devenir la norme européenne pour le traitement de certaines pathologies cancéreuses.