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  • Le 28 mai 2021
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Rencontre avec Cendrine MERCIER, maître de conférences à l'Inspé Académie de Nantes - Site de formation du Mans et chargée de mission numérique qui s'est intéressée au bien-être des étudiants en situation de formation à distance contrainte par la crise sanitaire de la Covid-19. Administré en mars 2020 auprès des étudiants du Mans, puis en novembre 2020 auprès de tous les étudiants de l'Inspé, le questionnaire est aujourd'hui diffusé auprès de tous les étudiants de l'Université de Nantes. Objectif : mieux comprendre les variables pour orienter les choix dans la formation.

cendrineMercier Un 1er questionnaire pour mettre en lumière différentes variables à des fins de formation

C’est au cours d’un séminaire de recherche en mars 2020 que l’idée de mesurer le bien-être des étudiants en formation à distance s’est présentée. Avec les étudiants de mon séminaire de recherche, nous avons imaginé une enquête permettant de mettre en lumière différentes variables à des fins de formation dans un premier temps (récolter des données pour travailler sur les méthodes d’analyse). Le questionnaire a été complété en ligne par d’autres étudiants et les réponses apportaient leurs lots d’informations. J’ai donc choisi de m’appuyer sur les premières idées du questionnaire en ajoutant des questions en lien avec le champ théorique sur le bien-être (comme les travaux de Guimard et al., 2015) et sur les outils numériques en formation (Fluckiger, 2011). J’aimerais remercier mes étudiants de recherche qui sont profondément engagés dans cet UE chaque année et avec qui ont tente des sondages au plus près des problématiques actuelles.


Administré en avril 2020, complété par 155 étudiants

Le questionnaire a été proposé à l’ensemble des étudiants de l’Inspé de Le Mans en avril 2020, toutes les universités étaient fermées depuis le 16 mars 2020. Il a été complété par 155 étudiants. Les données récoltées ont été analysées et ont fait l’objet d’un article dans la Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire (Mercier, 2020).
 

Maintenir des temps de collaboration pour favoriser le développement d'une communauté

Les résultats mettent en lumière les modalités d’enseignement sollicitées par les étudiants et l’importance de maintenir des temps de collaboration pour favoriser le développement d’une communauté d’apprenants. Les principaux résultats rappellent évidemment l’importance de petit geste dans la formation et dans l’intérêt de connaitre les variables qui permettent d’agir sur le bien-être des étudiants : proposer des temps synchrones/asynchrones pour développer la communauté estudiantine, permettre une visibilité claire sur les évaluations et proposer des enseignements en visio-conférence.


La seconde enquête a permis de modéliser le bien-être étudiant

À la suite de l’annonce du second confinement, j’ai décidé de poursuivre l’enquête, avec ma collègue Gaëlle Lefer Sauvage, à une échelle différente. Le questionnaire amélioré a été proposé, avec l’accord de la direction de l’Inspé de l’Académie de Nantes, aux étudiants des 5 sites (mais également d’autres Inspé : Paris, La Réunion, La Martinique). Cette seconde enquête a recueilli les réponses de 384 étudiants (dont 87,7% de l’Inspé de l’Académie de Nantes). L’analyse des données nous amène vers la modélisation du bien-être des étudiants en formation à distance (Mercier & Lefer Sauvage, 2021, soumis). La modélisation décrite dans ce chapitre permet d’expliquer 20% du modèle avec les variables suivantes : l’âge, le sexe, la qualité de la connexion internet, l’organisation de la journée et les compétences numériques déclarées. Il nous faudra poursuivre les travaux pour améliorer le modèle au regard des compétences numériques dans la formation à distance au travers de la notion de genèse instrumentale (Rabardel, 1995) favorisant le bien-être des étudiants.


L'Université de demain dépendra des choix en terme de formation

Aujourd’hui, l’enjeu se situe autour de la formation des usages aux outils numériques pour les étudiants, mais également pour les formateurs. L’université de demain dépendra des choix en terme de formation et j’ai bonne espoir de voir les lignes bougées dans les prochaines années. Le débat est lancé au sein de l’Inspé et plus largement de l’Université de Nantes, mais également dans mes travaux de recherche.


Une 3e enquête à destination de tous les étudiants de l'Université de Nantes

C’est à l’occasion d’un point de visioconférence avec la présidente de l’Université de Nantes que la troisième enquête a pris une autre dimension. J’ai proposé mon expertise au service de l’Université de Nantes afin de mieux saisir les enjeux de la crise actuelle. C’est avec beaucoup d’intérêt que la Présidente de l’Université de Nantes m’a proposé de poursuivre l’enquête à l’échelle de l’Université avec l’aide des Vice-présidents concernés par la thématique. La troisième enquête,  développée avec ma collègue Gaëlle Lefer-Sauvage et en collaboration avec les enseignantes-chercheuses de l’Université de Oran 2 en Algérie, a été administrée auprès des 37 000 étudiants de l'Université de Nantes le 28 mai 2021. Depuis peu, une collaboration s’est également développée pour approfondir les questions en lien avec l’hybridation afin de permettre une réflexion ancrée dans le terrain dans le cadre du projet Hybrid’UNe . Des questions seront ajoutées également sur la question des usages de la caméra en classe virtuelle. Un rapport scientifique (Mercier et al., 2021) fait déjà l’état d’une enquête exploratoire menée avec des étudiants au cours d’un séminaire de recherche. Il est intéressant de comprendre pourquoi les caméras sont éteintes et de trouver des pistes permettant les interactions malgré tout.