• Le 29 octobre 2019

Il ne peut pas voir, ni toucher, ni sentir. Il n’est ni considéré comme une espèce végétale ni animale. Et pourtant, cet organisme vivant est bien plus intelligent que l’on ne croit. Le "blob", cellule unique composée de millions et de millions de noyaux, intrigue les biologistes par sa capacité à s’adapter et sa faculté à vivre et à survivre dans son milieu naturel. Une équipe de recherche du laboratoire Unité de Fonctionnalité et Ingénierie des Protéines (UFIP – Université de Nantes / CNRS) étudie son fonctionnement pour mieux en comprendre les mécanismes biologiques, plus proches de l’homme que l’on ne croit…

BlobUtilisé de bien des manières et pour bien des usages, le blob est notamment étudié à Nantes pour une chose : comprendre sa régulation épigénétique, voir comment son génome, c’est-à-dire son patrimoine génétique, se régule lorsqu’il prolifère. Grand de quelques centimètres et pouvant atteindre plusieurs mètres de diamètre, le blob est une structure à l’organisation complexe, avec un génome qui l’est tout autant, et qui a besoin d’être organisé au sein de tous ses noyaux.

"Pour vivre et survivre dans son milieu, le blob se régule. Il décide d’allumer ou éteindre tel ou tel gène", explique Christophe Thiriet, responsable de l’équipe Epigénétique au laboratoire Unité de Fonctionnalité et Ingénierie des Protéines (UFIP). Un système de prolifération et de régulation qui peut s’apparenter chez l’homme au comportement des cellules cancéreuses.
 

Un clonage du patrimoine épigénétique

L’équipe de recherche nantaise étudie la manière dont le blob prolifère et comment il parvient à "répliquer" son patrimoine génétique en grandissant. "Quand le blob prolifère, se multiplie, il multiplie également tout son matériel génétique. Pour nous, la question est de savoir comment une cellule arrive à transmettre l’information épigénétique en se clonant", poursuit Christophe Thiriet. Pour comprendre les mécanismes de ce "copiage épigénétique", les chercheurs testent le blob en laboratoire en incluant des systèmes destinés à le perturber, sans pour autant lui imposer de pression génétique.

"On joue sur ces perturbations pour essayer de savoir comment il prolifère, et surtout pourquoi ça se passe", souligne Christophe Thiriet. "Est-ce que la prolifération ralentit. Est-ce que la cellule meure ? Et si elle meure, pourquoi cela est arrivé ?" Si les applications du blob ne sont pas immédiates, la compréhension des mécanismes de la transmission épigénétique à laquelle le blob donne accès trouvera de nombreuses applications en médecine, en agronomie ou encore en biotechnologie. Le blob n’a en tout cas pas fini de nous étonner.