• Le 06 novembre 2019

Dans le cadre de la rencontre 2049 de « l’Obs » sur le futur de l’énergie, des journalistes se sont rendus au laboratoire GEPEA, parmi les spécialistes mondiaux des microalgues, pour découvrir les secrets d'une expérimentation inédite en France.

Un immeuble chauffé ou refroidi par... une façade en microalgues ? Une idée surprenante mais expérimentée par le laboratoire GEPEA (Génie des procédés, environnement, agroalimentaire) de Saint-Nazaire le cabinet d’architecte X-TU, sur la façade du Centre scientifique et technique situé à Champs-sur-Marne (77).
« En hiver, les microalgues captent la chaleur du soleil et la transfèrent au bâtiment. A l’inverse, en été, la biofaçade joue le rôle d’écran solaire et permet de réduire les besoins en climatisation ». Jérémy Pruvost, directeur du GEPEA
Pendant deux ans, 200 m2 de bioréacteurs abritant des suspensions d'algues ont été installés sur quatre des étages du bâtiment. Deux années de culture et de recherche qui ont permis au bâtiment de réduire sa consommation énergétique de 50 % et de prouver la faisabilité de ce type de projet en milieu urbain, à l'échelle de bâtiments entiers. Un procédé écologique qui préfigure l'habitat du futur. Le défi des ingénieurs du laboratoire est désormais d'ouvrir leur recherche à un avenir industriel. Car outre les biofaçades, les souches de microalgues peuvent mener à d'autres types d'applications et intéressent déjà de nombreux autres marchés comme l'industrie pharmaceutique, la cosmétique, la chimie fine, l'agroalimentaire ou encore le bio-carburant à plus long terme.

 
visuel_GEPEA
Première biofaçace pilote construite à Champs-sur-Marne (77).
© XTU/SYMBIO2/CSTB/Joan Tarragon