https://unnews.univ-nantes.fr/medias/photo/makair_1587397909069-jpg
  • Le 20 avril 2020
    false false
  • Mise à jour le 22/04

Face à l’urgence sanitaire liée à la pandémie de COVID-19, le collectif français "Makers For Life” né de l'initiative d'entrepreneurs nantais, de makers, de chercheurs, de professionnels de santé et d'ingénieurs a mis au point le MakAir, un respirateur artificiel dédié au traitement du COVID-19. Grâce aux synergies déployées depuis le 17 mars dernier, par le collectif avec l'Université de Nantes, le CHU de Nantes, le CEA mais aussi le soutien de nombreux industriels, collectivités et l’Agence d’Innovation de la Défense, le MakAir attend désormais l’autorisation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) pour démarrer les essais cliniques et la production en volume. Il pourrait être utilisé pour traiter les insuffisances respiratoires liés au COVID-19 au sein des établissements hospitaliers Français en soutien des dispositifs existants et dans les pays faisant face à des pénuries de respirateurs. La marque d'électroménager SEB va produire les 500 premiers exemplaires de ce respirateur à bas coût.

Pierre-Antoine GourraudLe projet MaKAir se caractérise par une extrême rapidité et par sa capacité à fédérer et coordonner une communauté d’acteurs importante mélangeant recherche médicale, ingénierie et industrie.

Depuis les premiers jours du confinement, le collectif des Makers For Life travaille activement pour prototyper et produire un respirateur artificiel simplifié, avec intubation, exclusivement dédié au traitement du COVID-19. Le MakAir est pensé dans le respect strict des règles visant à garantir la sécurité du patient et conçu selon les recommandations des sociétés savantes (SFAR - Société Française d’Anesthésie et de Réanimation, SFMC - Société Française de Médecine de Catastrophe, SRLF - Société de réanimation de langue française).

Ce respirateur respecte les exigences des dispositifs médicaux de classe IIb et est conçu pour être le plus simple, le plus facile à produire et le moins onéreux possible.L’ensemble du projet a été développé sous format Open Source et Open Data, pour permettre aux autres projets similaires de bénéficier des avancées du collectif.

Dès le départ, le contact avec des dizaines de chercheurs et de professionnels de l’Université de Nantes a permis d’assurer une bonne compréhension des besoins des patients et des médecins réanimateurs.

"En fédérant des valeurs fortes comme l’open-source et l’open-science, l’interdisciplinarité, le  travail collectif avec des acteurs variés du territoire, le pragmatisme de l’urgence et l’exigence scientifique au service du commun et de l’humain, le projet Makair permet de ré-interroger les enjeux de l’Université de demain."- Francky Trichet, Vice Président Numérique de l'Université Nantes.

MakAirLe CEA dans la boucle
Adossé au CHU de Nantes et à l'université de Nantes, le collectif s’est ensuite appuyé sur le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) qui mis à disposition son centre d’innovation Y.Spot, ses équipes d’experts et ses salles blanches, son centre d’impression 3D Poudr’Innov et Clinatec qui fait le lien entre la technologie et la médecine.  Le CEA a également amorcé le financement des fournisseurs pour permettre le décollage rapide du projet. Ce financement sera ensuite relayé par la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Les premiers prototypes MakAir ont subi des essais pré-cliniques supervisés par le Pr E. L’Her (Faculté de Médecine de Brest, Praticien Hospitalier, CESIM, médecin réanimateur, conseil scientifique) et le Pr A. Roquilly (Faculté de Médecine de Nantes, Praticien Hospitalier, médecin anesthésiste et réanimateur, immunologiste). Les essais cliniques, selon un protocole en cours d’examen par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), devraient démarrer prochainement sous la responsabilité du CHU de Nantes, qui en est le promoteur et la Région Auvergne Rhône Alpes portant le rôle de fabricant. Sous réserve de leur succès et de l'obtention d'une dérogation par l'ANSM, plusieurs centaines d'unités pourraient être produites d’ici fin avril avec le soutien d’industriels.
 
L'industrialisation par Seb du respirateur artificiel à bas coût
Le respirateur MakAir, dont le coût de production est évalué à 1 000 € ( dix fois moins chers que les respirateurs traditionnels) sera industrialisé par le groupe français Seb qui s’est d'ores et déjà engagé à le produire.La marque d'électroménager va fabriquer les 500 premiers exemplaires dans ces usines françaises.

"Notre ambition a été de créer un respirateur qui a toutes les fonctions essentielles, mais rien que les fonctions essentielles. Un dispositif que l’on peut construire en temps de crise, avec des composants électroniques relativement standards, faciles à trouver, y compris en cas de crise." -  Pierre-Antoine Gourraud, professeur à l’Université et praticien hospitalier, au CHU de Nantes

Le projet a également reçu le soutien de collectivités, en premier lieu de la Métropole de Nantes et de la région Pays de la Loire et de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a accepté de prendre le rôle de fabriquant du respirateur dans le dossier déposé le 10 avril auprès de l’ANSM en vue d’obtenir l’autorisation des essais cliniques.
Le collectif Makers For Life a reçu un soutien généreux d’industriels et de start-up - don de matériel, soutien en compétences - dont STMicroelectronics, HP France, Legrand, Michelin, Parrot, Tronico, Diabeloop, SleepInnov…

Source : avec le collectif Makers For Life

Premier projet universitaire financé par l’Agence d'Innovation de la Défense

Enfin, parmi environ 2500 propositions reçues suite à l’appel à projets de solutions innovantes pour lutter contre la pandémie COVID-19, lancé par le ministère des Armées le 19 mars 2020 et doté de 10 millions d'euros, le projet de respirateur MakAir, porté par l’Université de Nantes à travers sa filiale de valorisation Capacités et le CHU de Nantes a retenu l’attention de l’Agence d’Innovation de Défense (AID). MakAir devient ainsi le premier projet universitaire financé par l’AID dans le cadre de cet appel à projets et le troisième à avoir obtenu le 9 avril dernier un financement, à hauteur de 426 000 euros, après 2 PME spécialisée en biotechnologies.Ce financement couvre la production de prototypes, la conduite d’essais cliniques, ainsi que la documentation nécessaire à l’obtention d’un agrément par l’ANSM.

Préparer en quelques semaines seulement un véritable projet industriel est une prouesse en soi, dans cette période de crise et ce contexte particulier de confinement. Car le niveau d’exigence est élevé et de nombreuses étapes sont à franchir pour réussir à mettre sur pied ce projet atypique au croisement de la santé et de l’industrie, allant du prototypage à l’industrialisation en passant par l’évaluation et la validation clinique. Les apports en compétences et l’élan de contributions multiples ont permis jusqu’ici au projet d’avancer à un rythme très soutenu.

L’Université et le CHU de Nantes, dans les tous premiers partenaires du collectif Makers For Life

Dès les premières heures des chercheurs de l’Université de Nantes se sont mis au service du projet sous la direction scientifique de l’un d’entre eux, Pierre-Antoine Gourraud, professeur à l’Université et praticien hospitalier, de l’Université de Nantes et du CHU de Nantes. Patrick Le Callet, professeur à l’université et chercheur au Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N) échange avec les ingénieurs biomédicaux du CH de Cholet et des praticiens anesthésistes pour le design des interfaces utilisateurs (IHM). De son côté, Sébastien Le Loch, maître de conférence à l'IUT de Nantes apporte son expertise en CAO 3D pour concevoir des valves innovantes.  Benoit Furet, professeur à l’IUT de Nantes et chercheur au LS2N met tout son réseau en en action pour travailler sur les questions de filtration. Pierre Malige, professeur agrégé à l’IUT de Nantes et Yannick Ouvrard, Manufacturing Lab manager de la Halle6 vont quand à eux rejoindre les équipes de Makers For Life hébergées au start-up Palace pour la mise au point des impressions 3D.

A propos du collectif

Fondé par Quentin ADAM (CEO de Clever Cloud), Baptiste JAMIN, Valerian SALIOU (Cofondateurs Crisp), Emmanuel FELLER (Clever Cloud) et par le Pr. Pierre-Antoine GOURRAUD (enseignant-chercheur à l’Université de Nantes et praticien hospitalier au CHU de Nantes). Erik HUNEKER et Marc JULIEN (Cofondateurs Diabeloop) ont très rapidement pris part au décollage du projet.

Le collectif a mobilisé plus de 250 bénévoles, hommes et femmes, indépendants ou issus de petites entreprises, d’ETI, d’industriels, dans une synergie incroyable et un rythme de travail effréné (R&D organisé en 24/7). Une parties des membres s’est même confinée loin de leurs familles afin de permettre la réalisation de ce projet fou. C’est une collaboration inédite entre petite, moyennes et grandes entreprises, entre institutions et universités, entre public et privé, qui montre la capacité de l’inventivité et de l’industrie française.

Les partenaires du projet

Porteurs principaux du projet : Makers For Life, CHU de Nantes, Université de Nantes et CEA
Collectivités, Administrations et Associations : Région Auvergne Rhône-Alpes, Région Pays de Loire, Nantes Métropole, DGE, AID, SFMC, Fondation de l'Université de Nantes
Partenaires industriels : Tronico, Parrot, STMicroelectronics, Diabeloop, Maatel, Groupe Renault, Michelin, Legrand, Groupe SEB, Elpack Pharel
Partenaires académiques et hospitaliers : CHRU Brest, CHU de Grenoble L’école du design, IUT Nantes, Centrale Nantes, Clinatec, Polytech Nantes, Laboratoire LS2N
Partenaires plasturgies : Innovation Plasturgie Composites, Georges Pernoud, Zedes, Seco Industries, Fédération de la Plasturgie et des Composites, DPH International, Moules Soufflage Injection
Partenaires entreprises : Clever Cloud, Crisp, RTSys, Jabby Technologies, SenX, QBMaker, MD101 Consulting, Sleepinnov, Le Palace, Dici Design Renault Sport, Cooprint,  Pierre Pezet, Iliad, Altran, Oxygen Ouest, Le Palace, ASI, Semtech, Farnell, Association Ping, Extia, Aptatio, Safran, HP, Algolinked, Asten Santé, WeData, LVL Medical
Hommes et Femmes clés : Julien Tanguy, Morgane Soulard, Volodia Lepron, Pierre Papin, Clément Niclot, Cherine Kamel, Quentin Adam, Sandra Roze, Valérian Saliou, Edyta Bourgeais, Vincent Le Cunff, Marc Julien, Gabriel Moneyron, Gautier de Saint Martin Lacaze, David Sferruzza, Emmanuel Feller, Grégory Thibord, Erik Huneker, Cyril Michaud, Baptiste Jamin,Pierre-Antoine Gourraud, Stéphane Bernier, Arthur Dagard, Quentin Bouquin, Maud Plombas, Eliott Vincent.