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  • Le 18 juin 2020
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Samedi 4 juillet à 15h30, le navigateur nantais Armel Tripon et son monocoque l’Occitane s’engageront sur la course Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne en vue de se qualifier pour le Vendée Globe dont le départ sera donné le 8 novembre prochain. Cette course à la voile en solitaire sera l’une des toutes premières épreuves post-confinement à être organisée tous sports confondus. Elle permettra de révéler et de concrétiser différentes collaborations et travaux innovants mobilisant des équipes de recherche de plusieurs filières au sein de l’Université de Nantes, qui s'est engagée aux côtés du skipper à travers un partenariat pluridisciplinaire ambitieux. Parmi les projets : "LuciEole", une application spécialement conçue comme un outil d’aide à la performance, qui sera testée sur cette course et fonctionnera lors du Vendée Globe.

"LuciEole", un outil d’aide à la performance pour éviter les troubles hallucinatoires
Au programme, un départ et une arrivée aux Sables d’Olonne via l’Islande et les Açores, 3600 milles (6 600 km) à parcourir, soit 10 à 12 jours en mer, c’est ce qui attend Armel Tripon et les 21 marins engagés sur cette course, sorte de répétition générale à 4 mois du Vendée Globe. Sur une transatlantique comme sur un tour du monde, la performance se joue aussi sur la gestion du sommeil, garant de la lucidité du skipper dont la prise de décision doit être le moins possible altérée par la fatigue. Afin de mieux évaluer et prévenir des moments de vulnérabilité et de fatigue physique et mentale, un outil a récemment été développé par le laboratoire Motricité, Interactions, Performance et Capacités, la filiale de valorisation de l’université de Nantes. Il s’agit d’une application conçue comme un outil d’aide à la performance, qui fonctionnera lors du Vendée Globe en toute autonomie et fournira des indicateurs au navigateur sur son état de lucidité pour ainsi prévenir et anticiper les troubles hallucinatoires. D’ici novembre, et notamment à l’occasion de la Vendée-Arctique-les Sables d’Olonne, l’application, baptisée « LuciEole », devra être implémentée et enrichie de données en situation réelle de navigation afin de finaliser le développement d’algorithmes qui délivreront des indicateurs les plus justes et précis possible pour qu’Armel soit alerté sur son état de lucidité et éclairé sur les causes (eg. manque de sommeil, fatigue physique extrême, …).

 « LuciEole est une application qui cherche à évaluer la fatigue physique et mentale du navigateur, la qualité de son sommeil et sa lucidité au cours de la course afin de prévenir les troubles hallucinatoires. Nous allons avec Armel sur cette course, pouvoir parfaire notre modélisation de ce dispositif, et pour qu’il soit au point pour le départ du Vendée Globe en novembre »
Arnaud Guével, Professeur à l’UFR STAPS et au Laboratoire Motricité, Interactions, Performance, de l’Université de Nantes.

Une campagne de prélèvement de données océanographiques pour mieux prédire les changements climatiques
En parallèle de ces enjeux sportifs, la course donnera également lieu à une campagne de mesures de données océanographiques inédite, grâce au déploiement par 6 marins de bouées météo dérivantes permettant de relever des informations précieuses sur les courants et sur une zone encore peu couverte par la recherche scientifique, notamment aux latitudes arctiques. Armel Tripon embarquera une de ces bouées qu’il larguera au 56° N, entre l’Islande et les Açores. C’est tout naturellement qu’il a proposé à l’Université de Nantes de mettre à disposition de ses laboratoires de recherches, ces données océanographiques afin qu’elles puissent être exploitées et valorisées. Elles pourraient enrichir un projet de recherche en cours porté par le LS2N (Laboratoire des Sciences du numérique de Nantes), actuellement engagé dans un projet mobilisant des techniques d’Intelligence artificielle pour accélérer les simulations des modèles de circulations océaniques, avec comme objectif à termes de mieux prédire les impacts des changements climatiques. Ces techniques de Machine Learning (apprentissage et abstraction) exigent que les modèles soient confrontés à des données réelles sur site. Le LS2N pourrait donc avoir accès pendant un an et demi à des données prélevées toutes les heures par ces bouées dérivantes lancées sur l’océan Atlantique.

« Toutes ces énergies collectives qui se fédèrent au sein de l’Université de Nantes sont des ressorts très précieux pour préparer cette incroyable aventure qu’est le Vendée Globe. Ces multiples collaborations scientifiques, ces différentes collaborations universitaires viennent questionner et enrichir au quotidien mon approche du large, tant sur des enjeux sportifs que sociétaux. »
Armel Tripon, navigateur.