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  • Le 10 décembre 2020
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Alors que le développement d’un vaccin contre la Covid-19 s’accélère, à Nantes, un biologiste s’active dans son laboratoire tout en gardant un œil attentif sur les dernières avancées scientifiques dans cette course mondiale. Et pour cause, à 52 ans, Bruno Pitard, directeur de recherche CNRS au Centre de Recherche en Cancérologie et Immunologie Nantes-Angers (CRCINA), travaille depuis 25 ans sur des stratégies de vaccination innovantes. Portrait.

Bruno Pitard Entre la biologie et la chimie, Bruno Pitard n’a pas eu à choisir. Dès le début de son parcours scientifique, il décide de mener ses activités de recherche à l’interface de ces deux domaines. "Dès mon doctorat, j’ai réalisé un travail expérimental faisant appel à des techniques variées et des connaissances couvrant la biologie moléculaire, la biochimie, la biophysique et la physico-chimie. J’ai eu à maîtriser des concepts, à l’époque tout à fait empiriques. Depuis, j’ai continué dans cette voie."
 

"Trouver une technologie de rupture"

Doctorat en poche, Bruno Pitard fait ses premiers pas de chercheur à Rhône Poulenc (Sanofi), recruté par la direction scientifique pour y implanter une équipe de recherche dédiée à "l'étude biophysique des vecteurs synthétiques résultant de la complexation d’ADN avec des lipides cationiques". Très rapidement, il se familiarise avec sa nouvelle thématique de recherche et obtient des résultats inédits participant ainsi à l’aventure internationale de la transfection in vitro. "Nous avons été les premiers à identifier la structure lamellaire des complexes ADN/lipides cationiques polychargés. Nous avons aussi réalisé de nombreux travaux originaux pour élucider les relations existant entre les propriétés physico chimiques (taille, morphologie, structure) des complexes lipide cationique/ADN et leur efficacité de transfection".

Ses connaissances dans le domaine lui permettent de réussir le concours d'entrée au CNRS et d’arriver à Nantes, en 2000, où il intègre l’unité Inserm UMR533 (Institut du Thorax). Lauréat d’une ACI jeunes chercheurs (eq. Atip-Avenir), il obtient un soutien financier de la Région Pays de Loire puis un contrat de Recherche avec Sanofi-Pasteur. Une marque de reconnaissance qui lui permet de se lancer dans un projet aussi ambitieux que prometteur. "Tous ces éléments m’ont permis de structurer mon équipe. Un de mes principaux objectifs a été de trouver une technologie de rupture pour le transfert d’acides nucléiques in vivo".
 

Une recherche pionnière

Ses années de recherche le conduisent à identifier de nouveaux concepts de délivrance d’acides nucléiques (ADN, ARN)  et à concevoir de nouvelles classes de vecteurs synthétiques. Ces découvertes apportent rapidement la preuve de leur efficacité dans différents modèles animaux de pathologies humaines, comme le cancer du foie, l’asthme allergique, le cancer colorectal, la myoptahie de Duchenne, Zika,... Brevetées à de nombreuses reprises, ses innovations et ses découvertes sont valorisés, en 2005, par la création de la société IN-CELL-ART. "J’ai toujours pu exercer mon activité scientifique dans plusieurs laboratoires à la fois privés et publiques avec la volonté de fédérer une équipe de recherche regroupant différentes compétences et expertises autour de notre thématique de recherche, de nouveaux concepts de vectorisation intracellulaire de macromolécules biologiques".

Aujourd’hui, l’approche développée par Bruno Pitard est reconnue comme l’une des plus pertinentes dans ses évolutions les plus récentes, permettant, par exemple, la découverte de nouveaux vecteurs pour la vaccination à ARN messager et à ADN. Un de ses vecteurs fait actuellement l’objet d’un développement clinique pour la vaccination à ADN. Bénéficiant d’une visibilité à l’international, ses activités de recherche font toujours figure de pionnières dans le domaine de la vectorisation in vivo d’acides nucléiques et la compréhension de leur mécanisme de délivrance.

Crédit photo : © Stephan Menoret | Ville de Nantes