• Le 05 novembre 2019

Dans une récente étude, relayée par le New York Times, des chercheurs du laboratoire Motricité, Interactions, Performance (MIP - Université de Nantes - Université du Maine) confirment l’hypothèse selon laquelle nous aurions tous une "signature" de nos mouvements qui nous est propre, tout comme nos empreintes digitales ou l’iris de nos yeux.

RunningIl nous est tous arrivé de reconnaître quelqu'un rien que par sa manière de marcher ou de courir. Si cela suppose que nous avons tous notre propre façon de bouger, l’hypothèse n’a été que très peu exploitée par les chercheurs. Des études récentes ont pourtant démontré qu’un algorithme peut identifier des individus sur la base du "pattern de force" exercé sur le sol lorsqu’ils marchent. "Si un algorithme arrive à reconnaître le mouvement de plusieurs individus, cela signifie que chaque individu possède propre un "patron de marche" unique, et donc une signature individuelle", souligne François Hug, chercheur au laboratoire MIP.

Toutefois, l’origine de ces signatures reste une question ouverte. "Elles peuvent par exemple résulter de différences anatomiques entre les individus, mais elles peuvent également résulter d'une manière unique d'activer et de coordonner nos muscles !"
 

L’activation musculaire comme indicateur

Les chercheurs du laboratoire Motricité, Interactions, Performance (MIP) se sont penchés plus particulièrement sur cette dernière hypothèse en mesurant l’activité électrique produite par les muscles lorsqu'ils se contractent. Les chercheurs ont demandé à 80 personnes de marcher et de pédaler (1). Grâce à un algorithme, les chercheurs ont pu associer les cycles de pédalage et de marche à la bonne personne dans plus de 99% des cas. "Ces résultats démontrent bien l’existence d’une signature individuelle des activations musculaires", confirme François Hug. "En d’autres termes, la manière de coordonner l’activation des différents muscles pour produire le mouvement serait propre à chaque individu". Reste maintenant à comprendre l’origine et les conséquences de ces signatures, notamment dans le développement de certains troubles musculosquelettiques.

(1) ce projet est soutenu par l’ANR (projet COMMODE)
 
Laboratoire MIP