• Le 13 juin 2019

Depuis le 13 juin, une œuvre d'Élisabeth Ballet, est installée sur le campus du Tertre dans le cadre du 1% artistique. Elle reprend un poème d'Arthur Rimbaud et vient le percher sur les toits des bâtiments.

Une œuvre du 1% artistique, installée sur les toits du campus Tertre

J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.

C'est cette phrase d'Arthur Rimbaud, extraite des Illuminations que l'on pourra voir installée sur les toits du campus Tertre, à partir de jeudi 13 juin.
Albert Py disait de ce micro-poème : "Phrase admirable par son triple élan redoublé, par la scène immense qu'elle dessine dans l'espace, par l'allégresse des images et de l'idée, par la valeur absolue conférée à l'acte de la danse. Acte ici essentiellement poétique. Je danse signifie je suis poète, je rassemble le monde dans les lacs de mes images et je l'anime de mon rythme." (Albert Py:  op. cit. p.122).

Une ode au mouvement et au décollage du spectateur

L'artiste Élisabeth Ballet rend hommage à ce poème avec son œuvre Sortilèges et a souhaité provoquer un décollage du spectateur : "L'horizontalité des parcours, les croisements d'un site à l'autre, les emmarchements par niveaux, les séquences suspendues dans le parcours des étages offrant, a priori une multiplicité de perspectives pour placer une œuvre figurant le mouvement, adaptée à l'environnement extérieur. [...] La texture architecturale associée à celle de l’expression sonore m’a donné l’idée d’un projet polyphonique en recherchant des mots retentissants qui se disent à voix haute ou en murmure ; liés au souffle, à la respiration, à ses cadences et à ses rythmes, ils sont musicaux; les mots appellent, chantent, hurlent, vibrent, brillent, ils sont sonores et signalent combien ils sont vivants et porteurs d’énergie qu’ils diffusent autour d’eux, dans l’espace et à pleine voix, à travers le souffle dans les corps. L'université s’en fait l’écho. Avec Arthur Rimbaud les mots vibrants dessinent des images.
 

L'installation de l'œuvre

Pendant la journée du 13 juin, l'œuvre sera installée sur le campus, par les équipes de l'entreprise Métalobil. Les caractères font de 0,60m de haut et les arcs, en tube convexe ou concave, supportant l’ensemble des caractères des quatre membres de texte, mesurent entre 12 et 13,40m de longueur. Les différents fragments de phrases seront installés du bâtiment de la nouvelle scolarité jusqu'au parvis.

Des fragments du poème installés de part et d'autre du campus

Le premier fragment "j'ai tendu des cordes de clocher à clocher" s'appuie sur le bâtiment de la nouvelle scolarité au-dessus de la cafétéria sur un axe convexe, "des guirlandes de fenêtre à fenêtre" se situe au-dessus de la terrasse des lectures du bâtiment des administrations des UFR sur un axe concave tandis que la suite du poème, opportunément en surplomb sur le bâtiment des bibliothèques " des chaînes d'or d'étoile à étoile", s'appuie sur une courbe convexe ; les deux membres de la phrase sont visibles du parvis et du jardin en cœur d'îlot. L'extrémité du poème "et je danse.", trouve son aboutissement au seuil du parvis, légèrement déporté du bord du garde-corps de l'amphithéâtre de l'université rejoignant ainsi la lecture parallèle du début du poème formant l'image d'une boucle.

croquis oeuvre 1% artistique


Qu'est-ce que le 1% artistique ?

Il s'agit d'un dispositif de l'État, depuis 1951, qui consiste à consacrer un financement représentant un pour cent du coût des constructions ou de l'extension de certains bâtiments publics à l'acquisition d'œuvres d'art contemporain. L'originalité du dispositif amène l'art à sortir des musées pour s'intégrer dans l'espace public.