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  • Le 29 janvier 2021
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Jusqu’au bout cette 9e édition du Vendée Globe aura eu son lot de surprises et de rebondissements, marquant les esprits, à terre comme en mer, par son dénouement aussi surprenant qu’inédit ! Tandis que les 9 premiers concurrents ont franchi la ligne d’arrivée vendéenne depuis mercredi soir, Armel Tripon doit quant à lui patienter le long des côtes portugaises pour laisser passer la « plus grosse tempête de l’hiver » qui balayera le Golfe de Gascogne ce weekend. Armel pourrait arriver lundi dans la journée aux Sables d'Olonne. Retour sur cette ultime semaine de course d’anthologie…

Une arrivée en cascade : un graal partagé

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C’est le skipper havrais Charlie Dalin (APIVIA) qui fut le premier à couper la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne ce mercredi à 20h35 après 80 jours et 6h de course, au terme d’une course qu’il a su parfaitement dominer et animer, parti des Sables d’Olonne trois mois plus tôt comme grand favori de ce Vendée Globe. Mais c’est bien Yannick Bestaven (MAITRE COQ) qui fut sacré vainqueur de cette 9e édition du Vendée Globe, plus tard dans la nuit ! Troisième marin à franchir la ligne, derrière Louis Burton (BUREAU VALLEE), il remporte le tour du monde grâce à une compensation en temps de 10h15min pour s’être dérouté lors du naufrage de Kevin Escoffier. Après quoi les arrivées se sont enchainées entre jeudi et vendredi, un scénario inédit qui n’a fait qu’amplifier la liesse collective sur les pontons sablais : Thomas Ruyant (LINKED OUT), Damien Seguin (GROUPE APICIL), Boris Herrmann (SEA EXPLORER – YACHT CLUB DE MONACO), Giancarlo Pedote (PRYSMIAN GROUP), Jean Le Cam (YES WE CAM), et Benjamin Dutreux (WATER FAMILY) qui bouclait son tour du monde ce matin ont enfin pu mettre le pied à terre. Les compensations en temps après le déroutage de deux de ces marins, Boris Herrmann et Jean Le Cam, aura bien bousculé le classement et sacré le « Roi Jean » en 4e position. Une belle reconnaissance pour ce navigateur hors-pair à la noblesse de cœur justement récompensée (il avait porté secours à son concurrent naufragé Kevin Escoffier au terme d’une nuit de recherche au large du Cap de Bonne-Espérance). Si la foule n’était pas présente le long du chenal sablais pour accueillir ces héros contemporains, cet incroyable finish aura été suivi de près par des milliers de curieux ravis de cette belle parade offerte !


Tempête sous un crâne : le finish haletant d’Armel Tripon

car Depuis le passage de l'Equateur il y a 10 jours, c'est à se demander si l'océan Atlantique, que connait si bien Armel Tripon et qu'il traverse et apprivoise depuis 20 ans, n'a pas décidé de se venger de celui qui est allé visiter l'Océan Indien et le Pacifique ... En effet, après un Pot au Noir bien clément avec Armel, les alizés de nord-est ont imposé au navigateur et son bateau en peine de faire du "près", une allure qui consiste à remonter au vent, ce que n'aime ni l'homme ni la machine tellement ça cogne, ça tape, et ça freine ! Le weekend aura été particulièrement éprouvant pour le marin qui aura subit trois jours de ballotage dans de la mer formée. Puis c’est en début de semaine, quand l’étrave de l’Occitane en Provence passait l’archipel des Açores, que sur les fichiers météo est apparue la « plus grosse tempête de l’hiver » selon les experts, déboulant depuis l’ouest pour s’engouffrer dans le Golfe de Gascogne et y semer ses vents ravageurs et sa mer déchainée. Armel a donc fait le choix, sage et courageux, de patienter le long des côtes portugaises et de laisser passer les tempêtes hivernales qui vont s’enchainer ce weekend.


« La sagesse m'impose de patienter »

« La mer va être très, très forte dès vendredi soir dans le golfe de Gascogne avec une première puis une deuxième dépression. Il y aura des creux de plus de dix mètres ! Je ne peux pas passer devant comme j’espérais initialement. Je suis obligé de patienter au moins jusqu’à lundi, ce n’est clairement pas praticable. Ce serait irresponsable. La priorité c’est de finir ce tour du monde, de ramener le bateau. La course passe évidemment au second plan dans ce genre de cas. C’est fou de me dire que c’est à la toute fin du tour du monde que je rencontre la mer la plus grosse, la dépression la plus creuse ! Mais c’est souvent le cas à cette époque dans le golfe de Gascogne. Je vais donc patienter au moins 24h. Je ne sais pas encore où exactement, certainement au large du Portugal, à hauteur de Porto. Là, la houle ne sera que de quatre à cinq mètres ».

Le skipper nantais nous tiendra alors encore quelques jours en haleine, avant une arrivée si bien méritée et attendue en début de semaine prochaine : l’issue est encore incertaine !

Source Margaux Le Joubioux