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  • Le 04 décembre 2020
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Tandis qu'Armel a profité du weekend pour filer plein sud le long des côtes brésiliennes avec un décalage légèrement ouest par rapport à ses concurrents, il est parvenu in-extremis à accrocher une jolie dépression australe arrivant d’Argentine pour glisser à de très vives allures jusque dans les 40e rugissants, semant quelques camarades au passage. Les compteurs s’affolent et Armel devient le plus rapide de la flotte engagée sur le Vendée Globe en cette quatrième semaine de course.



Le grand toboggan jusqu’au 40e rugissants
Tandis que les embruns commencent à claquer fort, la lumière se diffuse, les températures baissent … Les 40e rugissants tiennent leurs promesses et Armel enchaine les surfs et glissades sur une mer assez lisse depuis mercredi. Parvenant à dominer le front dépressionnaire qui le pousse vers le Cap de Bonne-Espérance, passage symbolique dans l’Océan Indien, Armel ne s’est pas vu stopper par l’anticyclone de Sainte-Hélène qui fait des siennes dans son sillage.  Seulement voilà, la dépression dont profite Armel en ce moment repousse aussi  les "hautes pressions" (bulles anticycloniques) vers le Cap de Bonne-Espérance et le skipper nantais va devoir ruser pour trouver un petit couloir où se glisser facilement jusque dans l’Océan Indien, sans pour autant franchir la Zone des glaces (interdite) positionnée très nord cette année.

« J’ai le casque anti-bruit parce que ça envoie du lourd : je suis juste devant le front et il faut cavaler pour ne pas se faire « manger » ! Ce sont des conditions idéales, une belle entrée en matière dans les mers du Sud : on peut attaquer et avoir de bonnes moyennes alors que je n’ai pas beaucoup de toile et ça avance vite. Le bateau se comporte très bien, sans forcer, sur des angles assez fermés : ce ne sera pas la même chose après le cap de Bonne Espérance où il y aura plus de mer ! Et c’est la première fois que je me retrouve à cavaler devant un front et à le maintenir à distance, même si je sens son « souffle ». Je ne suis pas encore dans le froid, mais c’est bien humide ! Je suis déjà sur le 41° Sud et j’ai déjà le bonnet : changement de décor par rapport à hier… » 2 décembre 2020

 albatros
Rencontre avec « Le prince des nuées »

La rencontre furtive avec son premier albatros aura profondément touché Armel Tripon à l’affut de cet oiseau mythique des mers du sud :

« J'ai vu cet albatros majestueux, alors que j'étais sur le pont en train de changer une voile, me faire un petit clignement de l'oeil, à 30 mètres de moi, comme un copain qui vient me faire un petit coucou. Quelle joie, je ris seul, m’émeuts de cette première rencontre tant attendue et symbolique. J'ai vu le premier Albatros de ma vie, ce n'est plus une image, un rêve, une lecture, non, je partage quelques instants son vol puis reviens très vite finir ma manœuvre... L’escorte n'aura duré que quelques instants mais cette rencontre magique scelle mon voyage dans le grand sud de la plus belle des manières. J'ai hâte d'en voir d'autres, ça reste pour moi assez exceptionnel, c'était du fantasme, du mythe. Un peu comme cette course. Voilà, l'albatros c'est un peu à l'image de cette course, quelque chose d'immense et d'insaisissable mais qui devient réalité."

Enfin, rappelons que la flotte du Vendée Globe n’aura pas été épargnée cette semaine et aura vu, outre l’abandon (non-officiel) d’un des grands favori Alex Thompson à bord de son flamboyant Hugo Boss, le naufrage de Kevin Escoffier à bord de PRB, sauvé in-extremis et de façon héroïque par Jean Le Cam, sans compter Initiatives Cœur (Samantha Davies) et Arkea Paprec (Sébastien Simon) handicapés par de la casse sérieuse après avoir percuté des OFNI, nombreux au large de Cap Town où grondent des courants pas si liquides que ça !
Source Margaux Le Joubioux

A noter que Sébastien Simon (Arkéa-Paprec) est un ancien étudiant de l'Université de Nantes, tout comme Benjamin Dutreux (OMIA - WATER FAMILY ) actuellement en 7ème position. Ces deux skippers engagés dans le Vendée Globe, ont été étudiants à l'université de Nantes (IUT SGM - Sciences et Génie des matériaux) il y a 10 ans. Sous la houlette de Luc Pillot, ils ont participé et gagné la Coupe de l’Université de Nantes et le championnat de France de Voile Universitaire ensemble en 2010.