• Le 17 juin 2020

Des chercheurs nantais du laboratoire Chimie et interdisciplinarité : synthèse, analyse et modélisation (CEISAM - UMR CNRS 6230) et du laboratoire Thérapie génique translationnelle des maladies génétiques (UMR Inserm 1089) ont développé et breveté une technologie innovante dans le domaine de la thérapie génique permettant de cibler spécifiquement les cellules ou tissus visés et d'améliorer l'efficacité du traitement.

Thérapie géniqueLa thérapie génique consiste à introduire un fragment d'ADN dans des cellules pour corriger une pathologie. Ce matériel génétique est transporté dans les cellules par des vecteurs, notamment des virus adéno-associés (AAV), des petits virus non pathogènes. Des produits de thérapie génique à base d'AAV ont été développés. Ils ont cependant des inconvénients majeurs.

En effet, ces AAV ne ciblent pas spécifiquement les cellules visées, obligeant à utiliser de fortes doses avec le risque de déclencher une immunotoxicité chez le patient. D'autre part, une large part de la population possède déjà des anticorps qui neutralisent les AAV, diminuant donc leur efficacité.
 

De potentielles applications sur un large spectre de maladies

Pour s'affranchir de ces limites, les équipes du Laboratoire Chimie et interdisciplinarité : synthèse, analyse et modélisation (UMR CNRS CEISAM) et du Laboratoire Thérapie génique translationnelle des maladies génétiques (UMR Inserm 1089) ont mis au point des AAV chimiquement modifiés, conçus pour cibler spécifiquement certaines cellules. Baptisée ChemAAV, cette technologie repose sur la création d'une liaison chimique entre un ligand, une molécule capable de se lier spécifiquement à une cellule cible, et l'AAV.  Le virus adéno-associé modifié s'est révélé plus efficace que le virus initial dans le cas du ciblage de cellules rétiniennes et hépatiques et pourrait ainsi être utilisé à des doses bien inférieures. Les applications potentielles concernent un large spectre de maladies, génétiques et non génétiques. Des premiers tests in vivo ciblant le foie et la rétine ont été réalisés.

Les études se poursuivent afin d'identifier de nouveaux ligands permettant aux AAV de cibler d’autres tissus ou de franchir certaines barrières cellulaires. Les équipes veulent notamment tester l'efficacité de leur méthode pour traiter cette fois des pathologies musculaires, cancéreuses et cérébrales.