• Le 06 mars 2020

L'ulcère de Buruli est la troisième maladie tropicale mycobactérienne la plus courante au monde, après la tuberculose et la lèpre. Des chercheurs du Centre de recherche en cancérologie et immunologie Nantes-Angers (CRCINA // l’Inserm, Université de Nantes, Université d’Angers, CNRS) se sont penchés sur les rares cas de guérison spontanée de cette maladie afin de mieux en comprendre les mécanismes. Leurs résultats, publiés dans Science Advances, ouvrent de nouvelles pistes pour la mise en place d’outils diagnostics jusque-là inexistants.

Lymphocyte BL’ulcère de Buruli est une maladie causée par la mycobactérie Mycobacterium ulcerans (M.ulcerans), dont on ne sait pas encore comment elle se transmet à l’Homme. Cette bactérie produit une toxine - appelée mycolactone - qui entraîne la destruction des tissus cutanés et l’apparition de larges ulcérations pouvant toucher tout un membre du corps jusqu’à l’os. Peu connue, cette maladie sévit notamment en Afrique centrale et de l'Ouest et touche particulièrement les enfants et les adolescents.

Dans le cadre d'une étude publiée dans Science Advances, une équipe de recherche dirigée par Estelle Marion, chercheuse Inserm au Centre de recherche en cancérologie et immunologie Nantes-Angers (CRCINA), s’est intéressée aux cas de guérison spontanée observés chez environ 5% des patients infectés.

"Jusqu’ici les études sur l’ulcère de Buruli se concentraient sur la réponse immunitaire au niveau de tout l’organisme", souligne Estelle Marion. "Néanmoins, de récentes études sur les tissus cutanés ont révélé que l’infection par Mycobacterium ulcerans entraîne l’agrégation de cellules immunitaires, les lymphocytes B, autour des zones infectées. Dans ce contexte, nous avons décidé de nous pencher sur la réponse immunitaire locale, au niveau du site infecté par la bactérie"

Par des expériences réalisées sur deux types de souris, les chercheurs ont pu démontrer pour la première fois que l’organisme pourrait répondre efficacement à une infection de Mycobacterium ulcerans grâce à la production d’anticorps capables de reconnaître et neutraliser la toxine sécrétée par la mycobactérie. Si les pistes thérapeutiques sont encore lointaines, ces travaux offrent de nouvelles pistes diagnostiques. Les résultats ont déjà permis le dépôt d'un brevet.